| OCR Text |
Show DES S C A V A N S. %yi tout avant que de montrer for îe Tribunal , df peur que les furprifes du vin ne le faffenterrer dans le jugement, ou bégayer dans la prononciation. On pourroit s'étonner que l'Auteur faite une pareille obiervation ; n*ais apparemment il Ta cru utile pour le Pays cti il ccrivoit. La dernière caufe qui, félon lui, fait violer le* Loix de la Jufl.ce, c'eft la compaiïîon, Ce défaut eft d'autant plus dangereux , qu'on s'en défie moins, & qu'on va fouvent jufqu'i s'en faire honneur : cependant il laitfe le crime impuni, & Jette le defordre dans la focie-té civile : ce n'eft pas félon les mouvemens du cœur que les Juges doivent former les ju-gemens qu'ils rendent fur le Tribunal ; c'eft uniquement félon la Loi, qui eft la règle at laquelle la Religion même les renvoyé , & fans laquelle nul jugement ne peut jamais erre jufte. L'Auteur cite Zaleucus comme un exemple de la fermeté inflexible qu'il recommande ; ce fameux Legiflateur des Locriens avoit fait une Loy qui ouionnoirque ceux qui feroient convaincus d'adultère , perdraient les deux yeux ; fon fils tomba dans cette faute ; il s'agiiîbit de le punir : d'un autre côté, le peuple touché de compaffion deman-doit fa grâce. Dans cet embarra*, Zaleuque partagea la peine , en faifant arracher un œil à fon fils, & <'en arrachant un à lui-même, pour faire connoître qu'il vouîoit abloli-ment que la Loy eût fon exécution ; mais qu'il étoit î 706, & a |