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Show LA VIE DE Le Prince de Condé & l'Amiral vol ant le Con- " ne'table mort , lui olfrirent tout de nou veau de ofer les armes , & ne lui demanderent pou r ce- la que l'exercice de leur Religion. Mars voiant qu'elle étoit encore morns trartable qu'auparavant , ils firent revolter plufieurs villes , & par- ticulierement la Rochelle , qui fervit depuis d'a- zile a tous ceux du parti. C'e'toir dequoi faire rentrer la Reine mere en elle-même , & une au- tre dans l'a rehenfion qu'elle auroit eûë fe fcroi t peut-être Æëfaite de fon ambition. La raifonle vouloir , & tout ce qu'il y avoit de bons Fran- çoisl'en conjuroient; maisle defir de gouver- ner toute feùle , lui ayant fait refufer toutes fortes de conditions, l'Amiral envoia des gens dans toutes les Provinces , qui lui étoient affec- tionne'es , pour lever des gens de guerre. Hell incroiable combien il s'en enrolla , & fi l'on eût cu dequoi les faire fubfilter , c'eût été encore toute autre cholè , tant le zele de la Religion e'toitgrand. Orleans fur tout étoit aufli atta ché que jamais au parti; & comme la Reine mere s'en défioit , elle y avoit envoie' un Gou verneur & la devotion. Celui-ci y vivoit comme dans une ville firl}>e&e, c'elit-a-dire plutôt en mi , qu'en ami ,fi-bien que les habitans en enne étant mal lätisfaits , ils d6pécherenr vers l'Am iral , pour le prier de leur envoier quelqu'un qui leur pût aider a lbcoüer le joug. C'e'mit la chofe du monde qu'ilfouhaitoit le plus , non-feul ement pour les voir delivrës de mifere , mais pouravoirentre les mains une ville de encore il grande confideration. Ainfi detachanr en même temps un de fes Capitaines nommé laNouë , en qui il le confioit comme à lui-même , il lui com manda de faire Ièmblant de ravager la cam i;ignt » l"… quand il feroir à nmitie'Èhemin , (ic maz- cher tou.e la nuit du côté dela ville,donr les Ira- bruns GASPARD DE CO LIGNY. bicans lui feroient fçavoi r ce qu'il auroitâf La Nouë execute. ponctu elleme 335 LXV- Vo aire nt ce commande-. ment , &ceux d'Orle am le fçachant rêtd 'ar- river , purent les armes, & obligereut lîur Gouverneuràfe cantonner da ns un endroit. Mais laNouë étant furvenu l‘obligea d'en fortir,& fe rendit maître ainfi de la ville. Cet evenement donna autant de chagrin aux Catholiques-Romains , que de joie aux Refo rme's. Cependant l‘Amiral , qui voio it de's ces commencemens couler le fane des uns , &des au tres , juoeam; que ce (croit Ëien pis , ii la gu erre - venoit Îs'allumer, env01a encore ve rs la Reine, pourla (up lier de vouloir arrêter le co mi eres. Il lui protelta qu'ils urs de toutes ces n'avoient ni le Prince de Condé, ni lui , aucun fentiment d'ambition , & que pourvû qu ‘elle voulût pour- vorr aux afiäires de la Reli gion , ils ne lui de- mandoient rien davantage. Ma is foit qu‘elle ne prit pas beaucoup de confian ce en ces paroles , ou qu‘elle vo ulût, comme j'ai dit cidellhs , tailler tant de befoigne à fo n fils, qu'ilne fe pùtpas paflèr d'elle , elle arma pa illament tan: cdans que dehors le Roiaum e, refolu'e‘ nean- morns de prolonger plutôt la guerre , que dela terminer. Il falut donc que le Prince de Condé & l'Amiral fe determinafle à nt lgfoûtenir, & n€le pouvant faire qu'avec le feco gers, ils renoüerent leur intell urs des étran- igence avec la Reine d'Angleterre. Cette Prin fichée de ce qui étoitarrive' àl'é cellè lit lbrtla gard du Havre , €‘cll-à-dire , de ce queles Reform e‘s avoient arcaux Catholiques alui ôter cette place. L'on Crurdonc , comme elle remett oit toujours cette affaire devant les yeux,que ceux u'on avoit enY01_ts vers elle s'en reviendr oi mais ne làifant toutes ces griment Fans rien faire , aces , que pour le C prier davantage , enfin elle do nna _toû- your |