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Show L A V I E D E LIV.HI. 196 dre & l'efperancc qu'on avoit mile en lui; & lui faifant voir en même temps qu‘il n‘avoit point de plus grands ennemis , que les Princes de la Maifon de Gutfe , enfin il fit de plus grandes journées que les precedentes , & arriva à Fontainebleau , ou l'on ne fe fou. doit plus gueres qu'il vint, ou non. En elie: les Guilës s'étoient accommodés avec la Reine, qui ét0it la feule , qui aprés la mort du Roi avoit été capable de leur-drfputer la faveurau. prés du Roi fon fils. Ainfi ayant a<ri de con. cert, ils avoient fait donner le conge au Con. nétable, & a l'Amiral , ce qui avoit été bien plus fenfible , à l‘un qu‘à l'autre. Car celuici avoit été ravi de s‘en aller dans ta Maifon de Chaflillon, où il ne voioit pas tous les jours trainer des malheureux au fupplice, àqui l‘on ne pouvoit rien reprocher que d'être gens de bien : mais comme les hommes de ce temps-là fe corrompoient tous les jours de plus en plus, c'étoit une qualité qui rendoit digne du feu, puis que la bonne vie des uns , étoit un rcproche continuel de lame'chante viedes autres. GASPARD DE COLIGNY. 197 Lw.IH; dontl'afl'aireétoit trop publique, pour la laifier ]à5 & lui ayant donné des Juges à leur devotion, celui ui étoit fon Prefident, fit paroitre tant de artialire dans fa rocedure, u'il fut oblic7é de iiii dire , que Dieulhi feroit rendre conte bieîttôt àlui-même de fes a&ions , & qu'il ofoit dire, qu'il fouhaitoit, qu'il fut auffi innocent que lui. Ces paroles furent une efpece de prophetieàl'égard de ce méchant homme , il fut afiäfliné a quel- que iours de là,& il n'y en eut point, qui ne l'attribuâtà un iul‘te iugementde Dieu. Maisles enne- mis de du Bourg , ou plutôt ceux des Reformés , l‘imputerent à ceux de cette Religion, & il veut une perfonne de qualité , & même qui étoii pa- rent de la jeune Reine, qui en fut fort en peine. La Jullice lui fit même donner la queûion ordinaire, 85 extraordinaire , & ies Guifes eurent tant de cre- dit envers cette PrincelÏe , qu'elle le renonça pour (on parent. Ce fut à la fufcitation de la Reine me- re qu'elle le fit , tant elle avoit peurth le Connëtable ne renttât en grace. Mais ceux qui commencomm à s‘apercevoir de fon ambition , ne s'en Ce fut là où fafe"mme le pofl‘edant plus parfai- ctonnerent pas, fur tout aprés avoir vû qu'elle tement, qu'à la Cour, oùlil étoit impoflible a ce grand homme de n'avoir pas la tête remplie de mille bagatelles , elle lui parla tant de lois de la ueceflité qu'il y avoir pour luid‘embraficr ouvertement la Reforme , que s'il ne le fit pas aux veux de tout le monde , du moins commença-Lil à vivre felon u'elle lui enfeignoit_. a_V01t abandonne le Roi fon mari dans le trifle accident quilui étoit arrivé. S'il étoitde mon (niet lfiâpor_terois cette procedure tout au long, & ferors vorr aifément combien il y eut d‘iniul'tice; "_13l5 36 me contenterai de dire que ce Seigneur qui Sappeloit Stuart, ayant eu la Force de fuportet Les Guifes en iurcnt bientôt informés , mais tous les tourmens qu'on lui prefenta , toute la rag° fe tourna contre du Bourg, à qui quelque mena- comme ils ne fe foucioient gueres de quelle R_C- ce que l'on fit , il ne voulut jamais Fe retra&er. Ses ligionl'oniut , pourvû qu'on neleur portñrp tn} - "g€S voiant cela , s'obfiinerent àle faire perir , d'ombrage , ils le laiflèrent en repos , croian= qtl_'jl çfortequ'aprés l'avoir encore tourné de tous les "M$", ils le condamnerent à être brulétoutviï. n't‘tuit plus en étatde leur nuire. Cependant 115 ne laifibrcnt pas de pourfuivre Anne du Bogrg: . on: ll0uit fon arrêt fans s'e'mouvoir aucunement , & tout ce qu'il dit,fm, je prie Dieu qu'il me faire la grâce de mourir aufli confiament que je le 1 3 fou- |