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Show LA VIE DE 160 GASPARD DE COLIGNY. m va.1î.‘ dire àfon Maitre de lui en faire prefent. Cepenl dant comme il faloit qu'elles fuiient partagees_, de faire aux nouveaux Gouverneurs, & croiant que l'avantage du Roi , feroit\d'avoir la paix, leRoiiettales veux furl'Am1ral, &furlur, &il il en fit porter quelques paroles a l'Empereur par donna ‘a celui-ci le Gouvernement de Langue- un rifonnier de guerre , quilui iut amené , lors qu'ilëtoitàDoullens. L'Empereur qui fe refolvoittoûiours de >lus ergfplus de quitter le monde, & qui y voioit es c_li cultés , tant qu'il (croit en guerre , fut ravi de cette occafion , & la doc, où.il fut mis des bornes, telles a, peu prés qu‘onles voit aujourdhui , & 11ofr1t al autre ce. lui de Picardie. C'étott dequor le flatter ,.s'rl eût été ambitieux. Ce Gouvernement qlll elt encore beau dans le fiecle où nous fommes , l'étoit incom arablement davantage en ce tempsÀä. C'etoitla clef duR01aume,_& le Roi témoignoit afiez la confiance qu'il avoit en lui, enlelui donnant. Maisluiqurs‘étott fait honneur comme il devoit de l'alliance du Prince de_Conde', croiant qu'ildevoitiouïr plutôt quelu1, des dépoüilles du Duc de Vendôme, fon frere,_ remercia le Roi de la grace qu'il lui faifoit, le priant de l'en vouloir 0ratifier au lieu de lui. Le Rex ui envelopoit dans la difgrace du Duc de Vendôme , le Prince de Condé , fut fort mauvais gré à l'Admiral ; & ii le Connétable n'eut pris foin de faire fa paix, ce Prince pours'envenger_, n‘auroit pas manqué de faire ce prefent a la Mai- fon de Guife ,- mais comme le Connétable n'y auroit pas trouvé fon compte, il fit enforte que prenant aux cheveux , on fe relacha de part & d'autre de fes pretentions , ce qui auroit facilité toutes chofes , ii l‘interet des alliés n'ait été infurmontable. Mais comme c'étoit our ainfi dire , un hidre dont on n'avoit pas plïltôt coupé unetête , qu'il en renaifi"oit une autre , l'Ami- ral propofa une treve qui fut acceptée aufli-tôt des deux parties. En ayant été ainfi l'entremeteur , il la mé- nageala plus avantageufe qu'il pût pour le Roiaume, &Charles-Quint n'y prit pas garde de trop près, parce quele deflein de fa retraite étoit fi fort gravé dans fon coeur , qu'il crût que qui étoit l‘urle point d'abandonner tant d'Etats , pouvoir bien à plus forte raiibn fe relâcher de quelques petits interêts. La France jouit par ce moien le Prince de Condé lui-même priât l'Amiral de d'un calme, dontil yavoit' long-temps qu'elle n‘avoitjoui. Cependant le Roi fe trouvanten ne fe point faire d'afl"aires pour l'am0ur de lui. Ainfi celui-ci n'ayant plus rien qui lui pût faire repos , fit voiage,dans quelques Provinces. il fut entr‘autres en Picardie , où l'Amiral fe mit obflacle, accepta la grace que le Roi lui faifort. Par ce moien il fe vit en {i bonne pafÎe, qu'ex- en devoir de le recevoir , comme il apar- tenort à un il grand Prince. 11 y tint table Ou- (epiéle Connétable, il ne s'entrouvoit point:… V€1Te pour toute la Cour, mais avec une profu- defihs de lui. fion domi] felë1‘0it relienti long-temps , fidans L'on croioit même qu'il auroit fa charge preferablement à tout autre , s'il venot£ 65 années precedentes, il n'eut été aH‘ez ménager, faute de fa perfonne , de quoi les enfans, tout pour amafÏer trente mille écus. fes coufins germains qu'ils étoient : ne parorf. d8nt_leféiour que le Roi fit en cette Province , une (l">_Ÿÿ qui acheva de le brouiller avec le Duc de fuient as trop contens. Cependant l'Am_ll‘âl Il arriva pen- ayant eté vifiter fon Gouvernement , refirlfi l‘-Ï Curie , & où l'on vit que ce Duc prenoit """" Ordinaire, que l€S Villes ont acçouum:g de le chagriner. Deux Gentilshotnmes de condimon à tâche de |