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Show Liv.II. 95 L A V 1 E D E fut veritable , fit qu'il _ne s‘attacher qu'à ce quile pouvoit flatte!fi_ Quor qu Il en ioxt , fort qu Il crûtla chofeventable , ouque manquantde tout GASPARD DE COLIGNY 67 Liv-US " ëtoit fur le point d'avoir la guerre avec l‘Empe- Et teur, & chacun commença a fe preparer pqur la campagne. Mr.de Chaf'rillon le crut de meme, & s'en réiouït: mais enfin le Connétable (ans la participation de qui tout cela fc faifoit ,\ fçachant ienque le Roi ne fongeoit pas enœrea laëuerre , êommença non pas à pénétrer le mi ere, mais à fe douterqu'il yen avoitlà-defl‘ous. Comme c‘étoit un fin Courtifan , il tâcha de faire iafer Diane , mais elle qui voulait qu'on la crût toûiours au(Ïi-bien que jamais avec le Roi, lui ca- de fait, ce Prince demanda à Diane , ce que Cha- cha faialoufie, &ellele fit fi finement, qu'il ne flillon venoitfairefi ibuvent chez elle , & fi c'efl pût jamais rien découvrir. Quand il vit cela il manda Zafon neveu de s'examiner, & qu'il avoit autre pretexte , pour rendre ferwce ala Duchcfle d'Etampes , il fut laren-mie de fe ierv1r de celui. là. Il fitremarquer au R01 l'att3cl1e queClaailrfllon avoit auprés de Diane; ôqquor qu il fergmt d'épargner la Dame, & de n en vo_ulorr qu au Cavalier , il @avoittrop bien dequox la yaloufie el‘r capable , pour n‘être pas perfuadcï que cela donneroit de méchantes heures atoms trors. qu'elle lui trouvoir tant d'agrément , qu'elle ne s'en ptit pail‘er. Une demandefi (eclie avort dequoi la furprendre , mais l'arr dont il la im fit, la toucha encore plus que toutle relie, c‘ePt pour- fans doute quelque peché originel , qui l'éloignoit dela Cour, plutôt que le befoin qu‘on avoir de lui , où il était. Mais quelque gêne qu‘il don; quoi comme elle étoit peu endurante de fon natu- nât à fon efprit , ce fut un millere qu'il ne pût rel , elleluifitune réponfe, qui étoittout auilraigre, que ce qu‘il lui avoir pû dire. Je ne fçai, lui dit elle , de quoi vous vous plaignez, mais ie i‘çai bien developer, non plus que tous ceux à qui il vint en penfée, qu'unefi longue abfence renfermoit que il je faifois mon devoir vousne vous plain. driez pas à tort. Où eii le fuier que ie vous donne de m'accufer comme vous faites, & je voudrois bien que vousme difliez pourquoi vous foupçon- quelque fecretimportant. ' Cette efpece de difgrace eût été un trionfe pourla Duchefie d'Etampes, & pourDampierre, H la colere du Roi eût duré àl'e'gard de Diane ; mais un moment de converfation ayant ramené nez Chaflillon , plutôt qu'un autre. Le foin que cette Dame fembloit prendre de fe iufiifier, bien ce Prince au point qu'elledefiroir, ils crurent que moins que celui que le Roi accufoit, augmenra tellement la ialoufie de cePrince , qu'il lui dit de commun avec leursinterêrs. Cependant Dia- mille chofes facheufes. Cependant il ne vit pas plutôt Mr. de Clmi‘tillon , que fous pretexte de lon , n'eut garde de demander fon retour 5 au l'envoier faire la revue des troupes fur la fron‘lCl'(‘ , ill'éloigna de la Cour. Mille ordres l'un fur l'autre l‘arrêterent la une bonne partie de lilll"_°_" ; -.' afin que perfonne ne fe doutfit du moul qui le faifoit agir , il fit au(ii commande- ce quiavoit produit leur broiiillerie , n‘avoitricn ne qui ne penfoit point du tout àMr. de Chaflzil- contraire elle fut bien-aife que le Roi mit fon efprit en repos de ce côté-là , c'efi pourquoi elle fut la premiere à luidire , qu'il n'en vaudroir pas pis , quand il demeureroit encore autant de temps ou il étoit , qu‘il v avoit demeuré. Ainfi trois ment a tousles Officiers de fe rendreàleur garni- mois tous entiers s'écoulerent , fans qu'on par- lat de le faire revenir: mais enfin leRoi s'étant 10n. Cela fit croire a tout le monde que l'on entierement défait de fa jaloufie , lui cnvoia or- éroit dre |