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Show 44 BOT renfermcnt lc gage de la generation future, "des ~ enveloppes nccefiaires pour }es garantir de tOUt cc qui pourroit les endommager pendant leurs premiers dcveloppemens. 3°. La connolffancc des. diver{cs parties des vcgetaux unc fois acquilc , il n'efr point encore tems, felon nous, de penf~r i apprendre le nom d'aucunc Pl:tnte; nuis il convient aup:uavant de fo formct• quclcru'idce de l'cnfcmblc des vegctaux connus, c'd1:-a-dire de l'efpcce de fcrie prefque par-tout graduec relati vement au nombre & ala pcrfctlion de leurs o rgancs , q u'ils paroilfcnt compofer dcpuis l'cb.wche la plus gro1ltcre de 1a l)lante, confidcrce d.1ns ne moilifiure ou dans un bl'Uits, jufqu'au v~gctal le mieux & le plus com.pletcmc:nt pourvu d8s org:mes qui !one pro· pres aux vcgeraux en gcner.tl. . Or ' pour s'clever a cette contemplation vrairnent philofophique, iln'efl- point du tout ncceCfaire de connolrre aucune Plante en paniculier ; il fi.dnt de fe familiariiE::r ' par l'obiervation ' a di11:inguer d'abord certaines portions bien rcmar- quables de la fcrie gcnerale ¢es PJames , & de bien connohre plufieurs des families lcs plus naturelles , comme les Mouffes, les Graminier;, les Labiees ;, les Ombellifires;, les Crucifires , les L igunzineuj"es , les Malvacies;, &c. En fin , pour parvc.nir a cette connoiffance , on n'a befoin d'a.ucune methode ni de fy!l:cme quclconquc ; on y rcuifit toujours en fix ant lon attention fur les traits communs qui lient eniemble d'une manict·e frappanrc , quantite de Plantes divedes, da,ls chacunc des familles dot:~t il s'agit. Au!Ii nous nc doutons nullement q~tc route perfonne qui le fct·a miie au fait des connoill'ances ciu!cs fous les deux num6ros prccedens, ne fai!ilfe facilemenc, aprcs avoir vu un Panais ou une Carotte;, les caraetches cYune autre Plante ombellifere qu'on lui momrera, & ne ra pportc en!itite d'elle;meme i cette famille une Berce ou une Angllique qu'elle renconrrera ou verra pour la premrere fois , qt,toiqu'elle ne {ache point nommer la Plante. Com bien l'ctude de la Botanique devient facile & inrere!T'ante , en s'y prcnant de cette manicre! D cji l' Amateur que no us fuppofons fuivre cette methode , s'e!t forme une idee convenable des vegc taux en general ) du rang <jU10n peut leur afl1gner parmi routes lcs a~tn~s produaions de la ·N arure , dcs3divcrs organes dont ils !ant munis, .& des foncl:ions Jes plus apparentes de ces organes. ll connolt les parries des Plann~s qui font les plus fuj ettes i varier, & les difiingue de celles qui , plus effenticlles , rc)ativement au vreu de ]aN ature, offi-cnt dans la diverfitc _de leurs formes les cat·aacrcs l ~s plus sClrs &. les plus conHnns. Enfin , quoiqu'il ne {ache Jlommcr aucune Pb.tue en particulier , il iait dif1:ingucr quantitc de families naturelles dont les caraacres font bien Jlt011011CCS j j} fent le veritable .intere t (!U'ofli·c }a f<mnojfianc~ des rapports ; il s'hab)tue a lss BOT obtcrver & a les faifir' & bient~t it pa.rvient a. rcmarqucr dans la feric des vcgctaux ~u 'il fe plait a confidercr dans fon cnfbnble ' pluheurs coupes principalcs qui, quoique dctachces plus ou n;o~ns ncttemcm, prcfenrent des points de repos a ion im:tgiruuion. Voy. Ordre nacurel & R apports. 4v. P arvenu acetcrme dcconnoilfance, l'~matem , . {Cion le plan que nous propofon~ , dott Cl' quelquc !orte changer d'obJet dans {es r~ch e r· chcs , & ceffer pout· quelque tems ,?'exauuner la Nature. Illui importe mainrenanr, s 11 ve~tapprofondir routes les parties de la Butamqu.e, &: pcncrrcr dans les de tails de la chofe m~me qlll l'inrcrcffc Je s'aider llli-m~me ,des moyens qnl" les homm~s ont imagines pour faciliter l'~rude d'une Science auffi ctcndue que cellc dont tl eft ici quefiion. Il convient qu'il fc mc.tte ?iel: au fait de ces moyen ; qu'il apprenne enfutte a lcs apprccier avec jufrelfe; c1u'il lc~ ~re11ne pour ~e qu'ils iont v6ritablemem, & qu't_l fac.he les appl.tciuer a fclll propre ufagc' fans pm:us en abu(c ~ pour lr.m donn: r u~ autre fonde.mcnt (jl!C cellll qui nah de la n<.icctflltt': oil nous !ommes de nous en fcrvir. Or-, pour voir les .cho~es commc c_lles fc~t rce!lement & pour b1en JUuer des Obj e tS C{U ll veut conndltrc ' il lui impor~e a prefent de .~~~e· fon attention fur l'Hifioirc mDme d~ la Spence qu'il culrive, fur les caufcs qui ~nt recar?~ ics progres ou.qui les ont avanc_e~, & fur les ~pmwns des Bota111!les les plus celebres , rcl at~~e m enc aux principaux points de vue de ccttc Sctcncc 7 & a la nanu·e fie 1es principes les pl~s frablcs . Gc genre pe recherches le condu1~ narurellement a 6tudier les methodes & les { yfi~mes de Botanique lcs plus incerclfans qu'on a imagjnes; a examiner & compa.rcr les fondemens de leurs principes , & l'etendue des moyens qu'offre::r les confidcrations dont on a fait ufage en les compol~ nt; enfin' a dif1ingu~r parmi des diverlos divifions qu'on a crabHes, conune les Claffis, les Sc8iotis & les Genres, celles qui font forrn6es d' une maniere convenable .1 !'objet d~ leur eta. blilfement. Cette etude, veritablement infhuaivo a plufieurs egards ' ne peut ~tre depourvue d'in~ rcr~t; car clle procure la connoilfance d'une infinite de rapports particuliers qu'on n'auroit pas H1ifis fans ellc. s 0 • J ufqu'a~prcfent l'Amateur, que no us fuppo{ ons guide par notre plan d\~tude, ne fait point encore nornmer des Plantes ; & n6anmois s'il s'efr infrruit a fond de tous les objets dont nous lui avons parle, nous le regardons dcji commo un favant Botanifre; tandis que nous nous c ·oyons m?s-fondCs a refufer un pareil titre ;\ tl • routinier ou i l'Herborifre qui , par !'habitude de frequenter les jardins & d'emcnd1·e nommer des Plan res, {eroit parvenu :'t en pouvoir nommer une quantitc.! tres-confidCrable. C'e!t: pourquoi nous ~ llons paffer rapidement litr lcs dernicrs traits de notre DOT ~orre plan d'etude, parce que , parvenu au termc <de connoi!tance dont il s'agit maintenant , 1' Amateur en quefl:ion cfr alors tres-capable de fe guider lui-mt1me fans s'ccarter. Nous dirons feulemenc que' convaincu de la ncceffite de 1'6tablilfement des genres , & conf6quemment de la nomcnclat arc mcthodique & raifonnce qui en rcfulte ' il rttettra alors toute fon application a connoltrc les ~a rae!:<! res de ces genres, & i bien difringucr ceux qui font fautifs ou qui forment des affemblages contraires aux rapports naturels, de ceux qui font heureufemenr determines , & qu'en un mot , fes connoilfanccs etendues le mettront alors en etat de fe livrer avec avanrage aux derniers details des objets qui l'occupenc , c'efr-a-dirc de determiner des efpeces, & confequemment en fin de nommer ties Plantes. DOTANISTE ( BoTANJcus), c'cfr lenom que l'on donne au Naturali!le qui s'attache particulicren_ tcnt i connoitre les vcg6taux ; conune on nomme Zoologifle celui qui fe livre a l'crude des animau~ ~ &. Mine~alogifle. c;lui qui s'occupe de la connotfiance du regnc m111erlil. Tous trois comme Naturali!les, ont ncce!t'airemcnt en vu~ Ia recherche des rapports naturels de~t ~tres & doivent, pour l'utilitc qui en rcfulte' fa ire en f~rre de bian determiner lcs carachhes difiinetifs de ces ~tres, & de perfeClionner la nomenclature me~~odiq,~e qu'il importe. d'etablir rant pour facthtcr 1 etude des produawns de la nature que dans Ia vue d'ctendre la connoilfance de leurs' vrais rapports , fans laquelle l'Hifroire naturelle efl: fans int6r~t, fan~ vues & fans principes. Qu.oique le vrai Botanif!e no neglige rien de ce qut peut le mettre au fatt de toutes les parties de la fr.ience qu'il cultive, tres-fouvent dans fes travaux il n'embmlfe qu'une petite portion des objets de cette Science, parce que, voulant re611 ement cont_ribue: a fes progres_' il fent que, pour apptofond1r enw?rement un fuJet, il faut en horner confiderablcment l'etendu,e. De-B vient que tousles jours d'habiles Botanijles preferent de ne porter leurs recherches que fur une famille de .Hantes , o~t m~me que f~r un genre un peu nombreux en e!peces' afin .d y repandre des connoiffclllces exaaes & precifes, plutot qur: d'entreprendre dans leurs ecrits de trairer de routes lcs P1antcs connues , cc qui pourroit les mertre dans le cas de tomber dans des meprifes auxquclles leur gmh pour lcs connoiffances exatles ne leur permet de s'cxpofer que tres-rarement , ou que par des confidcrarions d\ttilit6 manifefre. ,.C'e~ c?mmuncment m~me une grande preuve c t?f6nonc6, 9:ue la hardieffe avec laquclle on VOlt tous l es JOUrs certains Auteurs ccrire fur to~ttcs lcs. parr:?s d'u ne Science , fans fe mcttre fort en peme s tls la connoilfent veritablemenr. On reconno1t aifement le vrai Botanifle a la .Bottmiquc. Tome I. BOU 449 manie:e dont i1 fait la defcription d'unc Plante. En effet, l'homme qui n'a point !'habitude d'obferver les vegetaux , ou palfe fous !ilcncc ' dans la defcription ~u'il en fait , tout ce qu'il y a de plus elfenticl a connohrc , ou noie , pour ain{i dire, ces objets dans une longue fuire de details minutieux & fans choix fur chaque partie, imaginant que c'cfr dans la longueur d'une dcfcription que confifre fon plus grand m6rite. Le Botanifle au contraire faiftlfant bientot les rapports de fa Plante avec cellcs qui lui relfemblent le plus , s'attache en la d6crivant, a donner une idee exa¢le & pn!cife de fa fruCtification , & de fon port en general; & lcs plus grands details dans lcfquels il entre a fon egard ' font toujours tires des parties qui fournifient les rneilleurs caratl~res pour bien faire conno1tre cette Plante , & pour Ia difringuer de toutcs celles avec qui on pourroit la confondre ; evitant de faire !'enumeration fafridieufe de quantitc de confidcrations pcu importantes , & qui n'apprennent l"ien de particulier fur la Plante dont il efr quefrion. Le .Botanifle efr fuffifamment difiingue du Ffeu~ rifle par !'objet m~me qui l'interelfe ; en eftct1, ce dernier, plus jaloux de jouir que de connoltre, appelle continuellement 1' An au fecours de I a Nature , pour exciter celle-ci a des cftortJ inconnus , & mcnager a l'reil des furprifes par Ia nouveaut6 deE coulcurs & par le luxe des orne~ men$ : la fl eur pleine , en un mot , efr le but vers lequel tendent tous fes foins. Le Botanijle, au cz;ontraire ' uniquement attentif a ctudier la Nature, fe plait ala contempler dans cette nai:ve fimplicite;, plus precieufe fans doute que ces agrcmens done on ne l'embellit que par la contrainte , & fouvent que par une degradation rc~ellc DOUATI amer, SouLAMEA amara. Rex amaroris. Rumph. Amb. 2. p. 129. Tab. 41. C'efl: un petit arbre ou un arbrilf~au des Indes orientales, que Linne croit etre le rnC!mc qut fon Ophio:rylon , mais qui en diffcre totalcmen pat· fa fruaification. Son bois eft jaunarre, caffant , & recouvert d'une ccorce ccndree. Ses feuilles font fimples, alternes ou cparfes ' & rapprochees les unes des autres vers le {ommet des rameaux, ot) fc trouvent des impreiTions de celles qui font tombces. Ces feuilles font pctio- 16es , oblongues, un peu obtufes , enticres , molles , glabrcs, & . vont en fe rerrecilfant vcrs leur pth iole, qui efl: pubefcent ainfi que les· nervures de leur furface pofrerieurc. Elles ont fcpt: a. neuf pouces de longueur, fur.unc largeur d 'cnvtron trois pouces. Les fleurs font extrcmement petites, & difpofees vers le fommet des rameaux en grappes fimples, be:mcoup plus courres que les feuilles, & dom les pcdpncules font pubet. cens. · L 11 |