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Show *ei L M M F O S T E U R, T A R T U F F E . Soit, n'en parlous „] Mais je fcais c o m m e il faut en ufer la-dcffus. L'honneur eft delicat, & l'amitie' m'engaoe A preVenir les bruits , & les fujets d'ombrage Je fuiray vdtre Epoufe , & vousne m e verrez,!, O R G O N . N o n , en depit de tous , vous la frequenterez. Saire enrager le m o n d e , eft m a plus grande joie E t je veux qu'a toute heure avec elle on vous voie C e n'eft pas tout encor; pour les mieux braver torn Je ne veux point avoir d'autre heritier que vous E t je vais d e c e pas, en fort bonne maniere ' Vous faire de m o n bien , donation entiere, V n bon & franc A m i , que pour Gendre je prens M'eft bien plus cher que Fils, que Femme, & L Parens. ' ^ N'acceptercz.vous pas ce que je vous propofe ? T A R T U F F E . L a volonte du Ciel foit faite en toute chofe. O R G O N . L e pauvre H o m m e ! Allons vifte en dreffer un Ecrir Et que puiife l'Envie en crever de dcpit. 4St83eiJZ£l A C T E IV. SCENE I. CLEANTE, TARTUFFE, CLEANTE. O U i , tout le monde en parle, & vousrc'a pouvez croire: L'dclat que fait ce bruit, n'eft point a vte gloire; Et je Y O U S ay trouve', Monfieur, fort a propos, four vous en dire net m a penfee en deux mots. Je n'examine point a fond ce qu'on expofc, \ C O M E D I E. 203 Tc pafTe lr-deffus, & prens au pis la chofe. Suppofons que Damis n'en air pas bien ufe% Ft que ce foit a tort qu'on vous ait accute; K'eft.jlpasd'un Chrenen, de^ardonnerl'offence, fx d'e'teindreen fon cceur routdc/ir de vangeance - Ftdevez-vous fouffrir, pour votre demote, ntiedu Logis d'un Pere, un Fils foit exite?' IcVous Ie dis encore, & parle avecfranchife; Il n'eft perit, ny grand, qui ne s'en fcandalife ; £tfi vous m'en croyez, vous pacifierez tout, Etnepoufferez point les affaires a bout, S2crifiez a Dieu toute vdtre colerc, Etremettczle Fils en grace avec Ie Pere. T A R T U F F E . Helas! ie le voudrois, quant a m o i , de bem cceut» cue garde pour luy , Monfieur, aucune aigreur ; JC !uy pardonne tout, de rien je ne le blame, Et voudrois le fervir du meilleur de m o n ame : Maisl'inrerer du Ciel n'y fcauroitconfentir; Ets'il rentre ceans, c'eft a moi d'en fortir. Apr& fon action qui n'eut jamais d'egale, Le commerce entre nous, porteroit du fcandafe: Dieu fcait ce que d'abord rout le m o n d e en croiroir; A pure politique, on m e l'imputeroit, Et Ton diroit par tout, que m e fentant coupable» Jefeins, pour qui m'accufe, un zele charitable : Que mon cceur l'apprehende, & veut le menager, Fourlepouvoir, fous main, au fllence engager. C L E A N T E . Vous nous pay ez icyd'excufes colore'es,- Et toutes vos raifons, Monfieur, font trop tirees Des mtercts du Ciel. De quoi vous chargez- vous? Four punir le coupable. a-t-il befom de nous ? laifTez luy, laiffez-luy le foin de fes vangeances, Ne fongez qu'au pardon qu'il prefcrit des offences j Etneregardez point aux jugemens humains, Quand vous fuivez du Ciel les ordres fou vera ins. Quoi! le foible interet de ce qu'on pourra croire , D'une bonne action, empgehera la gloire ? KOTi, non, faifons toujours ce que le Ciel prefcrit * Etdaucun autre fom nenous brouillons l'e/pric. T A R T U F F E . Je vow ay deja dit que m o n cceur lw pardonne & |