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Show ^ m 1 I 1C/6 LA DANSE Pendant que Mademoiselle de Camargo ravissait les Parisiens en dansant des loures et des musettes , son on-cle, Don Juan, s'exercait a faire bru ler des Juifs et des sorciers. D o n Juan de Camargo, eveque de Pampelune, remplaca Don Diegued'Astorga y Ces-pedesle i8juillet 1720, et fut le trente-cinquieme inquisiteur general en Es-pagne. Les seigneurs de la cour exercaient alors un pouvoir supreme et despoti-que sur les nymphes de POpera. Vou laient-elles montrer de la reserve ,de la regularite dans leur conduite, un ordre du roi s'y opposait; si cet ordre ne prescrivait pas en termes expres que la danseuse ou la cantatrice devait ce-der sur le champ aux ordres de ses poursuivans,il favorisait du moins si bien leurs projets de seduction, qu'il etait impossible de s'y soustraire.Le • ET LES BALLETS. IQM memoire presente au cardinal de Fleuryen 1728 par Ferdinand de Cu-pis de Camargo , dont M . BefFara pos-sede Poriginal dans son recueil de pieces historiques et curieuses sur PAcademie royale de Musique , est une preuve authentique de cet abus scandaleux du pouvoir. Ferdinand de Cupis expose a son eminence, que, gentilhomme prou-vant seize quartiers, ruine et charge de sept enfans, il a voulu leur donner un etat qui ne les fit point deroger a leur noblesse, malheur qu'il regard plus funeste que la mort, et qu'ainsi il a fait entrer a POpera ses deux filles, Marie Anne et Sophie, c o m m e danseuses, sous la condition que lui et son epouse les y conduiraient et les repren-draient en sortant. Voici comment s'ex-prime ce pere infortune en racontant ses malheurs au cardinal qui se moqua de ses plaintes. |