| Publication Type | journal article |
| School or College | School of Social & Behavioral Science |
| Department | Family & Consumer Studies |
| Creator | McDaniel, Susan |
| Title | Les femmes dans un Canada en voie de vieillissement: une approche féministe |
| Date | 1989 |
| Description | Le vieillessement de la population est un des thèmes majeurs de discussion en cette fin de XXe siècle, tous les pays développés étant engagés dans le processus. Certains redoutent l'insuffisance des ressources requises pour le bien-être des personnes âgées; d'autres considèrent le vieillissement comme bénéfique. Les deux positions sont défendables. Au plan individuel, personne ne souhaite mourir jeune alors qu'à une autre échelle, les sociétés vieillissantes affichent les plus hauts niveaux de vie. Ainsi, le vieillissement peut à plusieurs égards être considéré comme un signe d'accomplissement. |
| Type | Text |
| Publisher | Association des démographes du Québec |
| Volume | 18 |
| Issue | 1 |
| First Page | 137 |
| Last Page | 157 |
| Language | eng |
| Bibliographic Citation | McDaniel, S. (1989). Les femmes dans un Canada en voie de vieillissement: une approche féministe. Cahiers québécois de démographie, 18(1), 137-57. |
| Rights Management | ©Association des démographes du Québec |
| Format Medium | application/pdf |
| Format Extent | 823,617 bytes |
| Identifier | ir-main,3927 |
| ARK | ark:/87278/s6jw8zbj |
| Setname | ir_uspace |
| ID | 705496 |
| OCR Text | Show Cahiers quebecois de demographie Vol. 18, no 1, printemps 1989 Les femmes dans un Canada en voie de vieillissement: une approche feministe Susan A. McDANIEL* Le vieillessement de la population est un des themes majeurs de discussion en cette fin de XXe siecle, tous les pays developpes etant engages dans le processus. Certains redoutent Finsuffisance des ressources requises pour le bien-etre des personnes agees; d'autres considerent le vieillissement comme benefique. Les deux positions sont defendables. Au plan individuel, personne ne souhaite mourir jeune alors qu'a une autre echelle, les societes vieillissantes affichent les plus hauts niveaux de vie. Ainsi, le vieillissement peut a plusieurs egards etre considere comme un signe d'accomplissement. La gerontologie et la sociologie, lorsqu'elles s'interessent aux repercussions sociales du vieillissement et aux mesures ou politiques que celui- ci appelle, auraient avantage a integrer les developpements de la sociologie feministe. Dans cet article, nous montrerons qu'il importe, pour comprendre, organiser et gerer une societe en voie de vieillissement, de considerer qu'elle est constitute d'hommes et de femmes qui ne subissent pas le phenomene de la meme maniere et qui, de ce fait, ont des attentes et des besoins differents. La sociologie feministe situe l'experience des individus, particulierement celle des femmes, dans un contexte social plus large qui met en lumiere les interrelations entre les destins individuels et les forces sociales k l'oeuvre. Cette approche qui se veut globale n'est pas caracteristique de la seule sociologie feministe. Ce qui distingue cette demiere, c'est qu'elle part du principe que l'appartenance a un sexe determine socialement des * Departement of Sociology, University of Alberta, Edmonton.138 comportements et des attentes. II s'ensuit que la composition de la population selon le sexe doit etre consideree comme un des elements majeurs de l'organisation et des relations sociales. Des lors, le fait d'integrer la perspective feministe a la connaissance qu'on a dejii du vieillissement et des defis qu'il pose ne peut qu'en accroitre la quality et le pouvoir explicatif. LES FEMMES ET LE VIEILLISSEMENT AU CANADA II est bien connu que le vieillissement touche le Canada. II s'agit d'ailleurs d'une tendance qui remonte k la Confederation (McDaniel, 1986 : 35). Plusieurs mesures demographiques (tableau 1) confirment ce vieillissement. Par exemple, en 1981, la proportion des personnes agees de 65 ans et plus atteignait 10 %, compare a 5 % au toumant du siecle. L'age median, de 22,7 ans qu'il etait en 1901 est passe k 29,5 ans en 1981. La structure de la population agee a elle-meme evolu£, de telle sorte que la fraction des 80 ans et plus, negligeable en 1961, represente en 1981 un cinquieme des personnes de 65 ans et plus. Tableau 1 Quelques paramfctres du vieillissement ddmographique au Canada, 1901-1981 Annee Pourcentage des 65 ans et + Age median Rapport de feminite 65-69 ans 80 ans et + 1901 5,0 22,7 _ . 1961 7,6 26,3 106 118 1981 9,7 29,5 124 184 Source : McDaniel, 1986: 36,40-41,109. 139 Toutefois, un des traits marquants du vieillissement demographique est son action sur l'equilibre des sexes. II favorise les femmes, de sorte que les pays les plus engages dans le processus affichent les plus fortes surrepresentations feminines. Au Canada, en 1981, on comptait 124 femmes de 65-79 ans et 184 de 80 ans et plus pour 100 hommes, et selon toutes les projections, ces proportions tendront a augmenter significativement dans le futur. Hommes et femmes ont a faire face au vieillissement. Ce n'est pas le nier que d'insister pour que soit prise en compte la composition de la population selon le sexe dans l'etude du vieillissement; c'est plutot reconnaitre que, malgre de nombreux points communs, des differences liees au sexe sont manifestes. Les hommes et les femmes ne sont pas traites selon les memes criteres quand il s'agit de definir la vieillesse et le processus qui y conduit. Souvent, en gerontologie, on fixe a 65 ans le seuil de la vieillesse. Cette definition est arbitraire et renvoie a l'age habituel de mise a la retraite et non a la perception qu'a de la vieillesse la personne agee ou son entourage. Socialement, les femmes sont persues comme vieilles plus tot que les hommes (Posner, 1977). Les cheveux gris et les rides consacrent la pleine maturite des hommes mais trahissent l'age des femmes. Chez un homme, les rides montrent qu'il a vecu et chez une femme, qu'elle n'a pas su les prevenir (McDaniel, 1988a). On ne peut s'empecher de penser a ce mot d'Oscar Wilde : "Le visage d'un homme est son autobiographic, celui d'une femme sa plus grande oeuvre de fiction" (notre traduction). Ironiquement, il se trouve qu'en moyenne les femmes vivent plus longtemps que les hommes : on devrait, a age egal, les considerer comme plus jeunes puisqu'il leur reste plus de temps a vivre. Leur esperance de vie a la naissance etait, au Canada, a la fin des annees soixante-dix, superieure de 7,5 ans k celle des hommes (tableau 2). L'ecart est maximal dans le groupe socio- econoiniquement le plus defavorise (9,5 ans) et minimal dans le plus favorise140 (6,0 ans). En consequence, le veuvage est un evenement escompte chez les femmes (Martin Matthews, 1987), les plus pauvres y etant confmees le plus longtemps. Tableau 2 Esperance de vie a la naissance et esperance de vie sans incapacity, selon le sexe et selon la categorie de revenu, Canada, fin des annees soixante-dix Categorie de Esperance de vie revenu a la naissance sans incapacite Hommes Femmes Hommes Femmes Toute categorie 70,8 78,3 59,2 62,8 Faible 67,1 76,6 50,0 59,9 Moyen 70,9 78,5 61,1 64,3 Eleve 73,4 79,4 64,3 67,5 Source : Wilkins et Adams, 1983 : 1078. Comme le montraient deja les rapports de masculinite, la proportion des femmes croit avec l'age chez les 65 ans et plus. En 1981, si 57,2 % de ce groupe sont des femmes, a 75 ans et plus cette proportion est de 61,6 %, et a 90 ans et plus de 70 %. Entre 1941 et 1981, la population feminine de 90 ans et plus a 6t6 multiple par huit (Gee et Kimball, 1987 : 18); vers 2001, elle sera deux fois plus nombreuse que celle des hommes (McDaniel, 1986 : 109). Les femmes ag6es de 75 ans et plus representaient environ la moitie des effectifs de ce groupe d'age durant la premiere moitie du XXe siecle, mais elles en formeront pres des deux tiers en 2001 (tableau 3).141 Pourcentage des femmes dans la population ag6e de 65 ans et plus et de 75 ans et plus, Canada, 1901 k 2001 Tableau 3 Annee 65 ans et plus 75 ans et plus 1901 48,8 49,3 1911 49,1 50,1 1921 48,8 51,3 1931 48,9 50,8 1941 49,1 51,8 1951 49,2 51,8 1961 51,5 52,5 1971 55,2 58,0 1981 59,3 63,6 1991 59,3 63,6 2001 60,1 65,5 Source : National Council of Welfare, 1984. Au cours des ann6es recentes, la duree moyenne de vie des femmes s'est accrue plus rapidement que celle des hommes (Stone et Fletcher, 1987). A moins que les hommes n'effectuent un rattrapage, la surfeminite s'accentuera dans le futur. Quelques specialistes anticipent une telle eventuality (Veevers, 1986). D'autres ont suggere, avec un certain humour, qu'on pourrait reduire la surrepresentation des femmes en favorisant les naissances masculines ou en renfor<;ant l'immigration des hommes (Siegel, 1980) ou, plus serieusement cette fois, en refusant aux femmes agdes les soins susceptibles de prolonger leur vie (Borgatta et Loeb, 1981 : 209). L'accroissement du desequilibre des sexes avec l'age a d'autant plus d'implications, en termes de mesures sociales, que ce sont les plus agees parmi les personnes agees, done majoritairement des femmes, qui requierent le plus de soins et de services (Hertzman et Hayes, 1985). Vu 1'ecart d'age entre epoux consacre par les coutumes matrimoniales, les femmes survivent en moyenne plus d'annees a leur man qu'aux hommes de leur generation. Cela signifie egalement que, plus souvent que les femmes, les hommes sont assist6s dans leurs demieres annees de vie par leur conjointe (Martin Matthews, 1980). Ds ont ainsi l'avantage d'eviter la rupture brutale de leur mode de vie et le traumatisme de la perte de leur partenaire, et, assistes par142 elle lorsque survient l'incapacite, ils economisent a la societe, en tout ou en partie, les frais de leur prise en charge. II suffit de voir comment se distribuent selon le sexe les personnes mariees de 65 ans et plus pour comprendre l'importance de la contribution des femmes aupres de leur conjoint et la solitude qui caracterise leurs demieres annees (tableau 4). Tableau 4 Distribution (%) de la population agee de 65 ans et plus selon le sexe et l'etat matrimonial, par groupe d'age, Canada, 1981 Groupe d'age Veufs Veuves Maries Mariees 65-69 6,7 31,5 83,0 57,6 70-74 10,8 44,1 78,9 44,6 75-79 17,3 57,5 72,0 31,2 80-84 27,7 70,2 62,1 18,9 85-89 40,5 79,0 50,2 10,4 90 + 55,5 84,7 35,0 4,7 Source : National Council of Welfare, 1984 : 15. Le vieillissement de la population est une consequence de la denatalite. Celle-ci implique que les grossesses et le soin des enfants monopolisent une fraction de moins en moins considerable de la vie des femmes (tableau 5). Les generations nees au milieu du XIXe siecle ont passe pres de la moitie de leur vie adulte a mettre au monde et a elever leurs enfants (en fait, elles mouraient souvent avant que le dernier ait quitte le foyer). Les femmes qui entrent aujourd'hui dans leurs annees fecondes peuvent s'attendre a une vie de couple sans charge d'enfants d'environ 24 ans. Elles ont ainsi le loisir de consacrer davantage de temps et d'interet a la planification de leur vie professionnelle et de leur retraite. Par ailleurs, une deescendance reduite, particulierement dans un contexte de grande mobilite spatiale, implique une moindre releve pour la prise en compte des membres ages de la famille, le plus souvent des meres, des grands-meres et des belles-meres.143 Tableau 5 Cycle de vie des femmes canadiennes de quelques generations nees entre 1841 et 1960 Generations Anneesvecues 1841-1850 1901-1910 1931-1940 1951-1960 - mariees avec enfants dependants mariees sans 32,1 24,1 26,1 21,8 enfant dependant 0,0 12,2 18,1 23,6 en veuvage 4,8 6,0 12,2 12,3 Source : Gee and Kimball, 1987 : 83 Note : Les donnees relatives aux generations 1931-1940 et 1951-1960 ont ete estimees. LES CONSEQUENCES ECONOMIQUES DU VIEILLISSEMENT POUR LES FEMMES Le mariage est plus qu'un moyen de combler des besoins affectifs ou qu'une institution destinee a remplir certaines fonctions sociales. II est aussi un arrangement economique. La sociologie feministe a mis en evidence que le mariage unit souvent des femmes ayant un pouvoir economique faible et des hommes en ayant un plus fort (Duncan et Hoffman, 1985; Weitzman, 1985). Cette inegalite implique que le travail des femmes mariees ne foumit qu'un revenu d'appoint, l'essentiel de la subsistance du menage etant assuree par le revenu du mari. Cette maniere de voir justifie les pratiques salariales des employeurs a l'egard des femmes : faible remuneration, avantages sociaux limites, y compris en ce qui conceme les fonds de pension. Advenant une rupture d'union, les femmes sont done exposees a la pauvrete (Baker, 1988 : 86-87; Cohen, 1984; Duncan et Hoffman, 1985; Dulude, 1987; Gee, 1988; McDaniel, 1989; Neysmith, 1984). Weitzman (1985) a calcule qu'aux Etats-Unis l'effet du divorce est de reduire de 73 % le niveau de vie des femmes et d'accroitre de 42 % celui des hommes. Au Canada, en 1985, 42 % des families dirigees par des femmes vivaient sous le seuil de la pauvrete, contre 9 % de celles dirigees par des hommes. Bien sur,144 plusieurs des menages diriges par des hommes beneficient du salaire complementaire de l'epouse; les menages qui ont des femmes a leur tete ont rarement l'avantage d'un deuxieme salaire. Alors qu'a 65 ans et plus, le taux de feminity est de l'ordre de 60 % (tableau 3), 70 % de l'ensemble des pauvres et 83 % de ceux qui vivent seuls sont des femmes. Gee (1988) ajoute, en se fondant sur des resultats non publies du recensement du Canada de 1986, que les femmes sont, au seuil de la vieillesse, economiquement desavantagees comparativement aux hommes. Les regimes de pension sont source de nombreuses difficultes pour les femmes agees. Souvent, elles ne sont pas admissibles aux divers regimes de pension, ni d'ailleurs aux autres avantages sociaux. Cela resulte de leurs interruptions d'activite plus frequentes, et de leur concentration dans des emplois a temps partiel, non syndiques ou dont la remuneration ne comporte pas ces avantages (Gee and Kimball, 1987 : 61-64). L'acces aux avantages sociaux ne signifie cependant pas pour les femmes l'egalite avec les hommes. Le plus souvent, les femmes a leur retraite regoivent des rentes inferieures a celles des hommes (Cohen, 1984; Neysmith, 1984). C'est qu'on prend pour acquis qu'elles ont moins besoin que les hommes de ce type de revenu, de la meme maniere qu'on considere leur salaire comme un revenu d'appoint. Gagnant moins que les hommes, elles accumulent de plus faibles sommes dans leur fonds de pension, et comme elles vivent plus longtemps, leurs rentes sont etalees sur une plus longue periode, de sorte que la valeur mensuelle en est reduite d'autant. Quant aux epouses qui comptent sur le regime de retraite de leur mari, souvent de vives deceptions les guettent. Au Canada, au debut des annees quatre-vingt, 78 % des regimes prives et 25 % des regimes publics n'avaient pas de clause en faveur des survivants (McDaniel, 1986: 72; Statistics Canada, 1982). A la mort du gagne-pain principal, la veuve n'a done souvent aucun droit a une rente. Ces femmes qui ont consacre leur vie a elever des enfants, a prendre soin de leur mari et a entretenir leur maison n'ont droit qu'aux145 prestations de vieillesse du Canada et du Quebec, prestations qui ne sont pas destinees k assurer la pleine subsistance des personnes agees. LA SANTE DES FEMMES ET LE VIEILLISSEMENT : LES DEFIS La majorite des personnes agees, y compris les femmes, se declarent en bonne sante. En fait, selon 1'enquete sur la condition physique au Canada (Stone et Fletcher, 1987), les 65 ans et plus constituent le groupe physiquement le plus actif. Seulement de 6 % k 7 % des personnes agees vivent en institution au Canada. Dans l'ensemble, les femmes ont des problemes de sante differents de ceux des hommes. Elies souffrent plus souvent de maladies chroniques et d'incapacite, incluant la perte de mobility due & l'arthrite, au diabete et aux maladies mentales (dont la depression). Par exemple, les femmes agees declarent deux fois plus souvent que les hommes des problemes mentaux et une fois et demi plus souvent de l'arthrite (Gee and Kimball, 1987 : 31). Celles qui vivent en institution tendent a souffrir de problemes de sante chroniques mais non letaux que la solitude aggrave (Brody, 1981; Brody et Schoonover, 1986; Chappell et Havens, 1980; McDaniel, 1988b). La politique de maintien a domicile s'avfere une solution dont les bienfaits ont ete demontres (Brody et Schoonover, 1986; Kaden et McDaniel, a paraitre). La perception de I'etat de sante des femmes agees est teintee d'un sexisme que renforce une sorte d'"ageisme" qui traduit l'attitude negative de la societe a l'egard des personnes agees. Butler (1975) rapporte que le corps medical persiste a categoriser les femmes comme etant pre-menopausees, menopausees, post-menopausees ou seniles. De fagon generale, la societe per9oit avec plus de sympathie les personnes souffrant d'affections cardiaques ou de cancer que celles atteintes de maux chroniques et particulierement de maladies mentales.146 Les femmes vivent en moyenne plus d'annees d'incapacite que les hommes (Wilkins et Adams, 1983), mais leur espdrance de vie k la naissance est telle qu'elles vivent egalement en moyenne plus longtemps sans incapacity (tableau 2). On peut constater que dans les milieux pauvres l'incapacite est de plus longue duree: 17 ans pour les femmes comme pour les hommes; dans les milieux plus aises, la periode d'incapacite est moins longue, surtout chez les hommes; en fait, c'est dans la classe de revenu "moyen" que l'ecart entre les femmes et les hommes est le plus grand du point de vue du nombre d'annees d'incapacite. II apparait evident que la vieillesse n'a pas le meme profil selon qu'on est un homme ou une femme, et selon la classe de revenu. LES FEMMES ET L'AIDE AUX AUTRES La perception qu'on a du role des femmes dans la societe les renvoie dans le cr&ieau des services. Entre autres, la predominance des femmes dans le secteur des soins aux personnes agees est bien connu (Aaronson, 1985; Baker, 1988; Brody, 1981; Brody et Schoonover, 1986; Callwood, 1987; Dulude, 1987; Laurence, 1987; Marcil-Gratton et Legare, 1987; McDaniel, 1988b; Rosenthal, 1985; Sommers, 1985; Zarit, Todd et Zarit, 1986). L'aide "informelle", dispensee de fa?on obscure aux proches, prend plusieurs formes : des Spouses assistent leur mari jusqu'k leur dernier moment; des femmes parvenues au milieu de leur vie adulte, h. la fois fille, epouse et mere, sont appeldes a veiller simultanement au bien-etre de trois generations (Brody, 1981; Kaden et McDaniel, h. paraitre; Marcil-Gratton et Legar6, 1987; McDaniel, 1988b). Elles remplissent ces fonctions importantes et contraignantes qu'elles travaillent a l'exterieur ou non. L'aide classique est assume par une femme, souvent veuve, qui aprfcs avoir soigne son mari, prend en charge des parents ages. Les hommes ne remplissent cette formation que s'il n'y a pas d'autre possibilite (Brody, 1981) et recourent k des services "formels" plus facilement que ne le font les femmes. Les services foumis par les hommes, le plus souvent des travaux d'entretien ou de reparation, sont generalement ponctuels ou intermittents,147 alors que les femmes assument la charge quotidienne des personnes agees auxquelles, plus souvent que les hommes, elles sacrifient leur carriere et leur vie de famille (Kaden et McDaniel, k paraitre). II y a d'ailleurs une transposition sur le marche du travail de la perception des roles feminins. Les femmes ont la charge des soins aux pensionnaires des institutions pour vieillards handicapes ou deficients; elles travaillent aupifcs des enfants dans les garderies, etc., tout cela le plus souvent & faible salaire, sans s6curit6 d'emploi et avec peu d'avantages sociaux (Laurence, 1987). Tout se passe comme si ces fonctions leur dtaient tellement naturelles qu'il ne s'impose pas de les retribuer pleinement. LA RECHERCHE ET LES PROGRAMMES D'ACTION On a vu ci-dessus que les femmes canadiennes vivent plus longtemps que les hommes, qu'elles ont davantage d'annees avec incapacity k supporter, qu'elles sont plus exposees a la pauvrete et y sont confinees pendant de nombreuses annees, que l'allegement de leur role matemel entraine la possibility pour elles d'acceder a la vie professionnelle. En bref, le vieillissement tend a accentuer des inegalites deja existantes entre hommes et femmes des le debut de la vie. Neysmith (1984) ecrit a ce sujet que les femmes agees sont comme les plantes vivaces, les racines de leur pauvrete se developpent tot dans leur vie et les fruits viennent sur le tard. La sociologie feministe, par une approche globale de la societe dans laquelle hommes et femmes jouent des roles differents, a largement contribue k la comprehension de problemes sociaux anterieurement voiles (femmes battues, abus et assauts sexuels, inegalite des chances et des salaires sur le marche du travail) et centres explicitement sur 1'experience de vie des femmes. Lorsqu'elle s'interesse aux individus dans la societe, elle peut enrichir les debats centres sur les changements qu'entraine pour les femmes le vieillissement de la population et sur les programmes qui les touchent. La recherche sociologique a eu tendance jusqu'S. maintenant a dissocier les individus du contexte social dans lequel ils evoluent; elle s'est arretee principalement aux questions relatives aux ajustements individuels face au148 vieillissement, au bien-etre des individus ou aux reseaux d'aide et de soutien (Abu-Laban, 1981; Beeson, 1975; Binstock et Shanas, 1985; McDaniel, 1989). On neglige, dans cette approche, le fait que l'individu vit dans une societe comportant des contraintes et des avantages sur lesquels il n'a que peu de controle. Developpee autour d'autres problemes sociaux, la sociologie feministe peut foumir des cadres d'analyse pertinents et suggerer des actions ou des politiques mieux adapt6es. En dlargissant la perspective aux problemes auxquels les femmes font face en general, elle permet d'approfondir l'analyse de la situation de celles qui sont agdes et d'innover en matiere de mesures sociales. On apportera d'ailleurs de meilleures reponses aux defis que pose une societe en voie de vieillissement si on ne se limite pas aux personnes ag6es et si on veut bien considerer que l'avenir qu'on prepare est le notre et celui de nos enfants. La vieillesse est le prolongement naturel de l'experience de toute une vie. Le vieillissement, du point de vue social, est un processus qui conceme toute la societd et qui s'etend k tous les ages de la vie. II est fondamental d'eviter le piege courant qui consiste a transposer l'experience des gens ages d'aujourd'hui aux autres epoques, passees et & venir. La sociologie feministe considerc important que la recherche situe les individus, leurs choix et leurs comportements dans le contexte et les limites de leur environnement, et que le chercheur se rapproche de ceux qu'il veut etudier et comprendre. Cela peut concretement conduire & opter pour des enquetes exploratoires, a petite echelle et ouvertes, plutot que pour de vastes enquetes soi-disant objectives. Cela signifie 6galement qu'on ne pose pas a priori l'hypothese que les experiences de vie des hommes et des femmes de la meme generation sont plus proches que ne le seraient par exemple celles des femmes de maintenant et d'autres temps ou des hommes d'aujourd'hui et d'hier. La sociologie feministe fait ressortir que ce sont les imperatifs sociaux plutot que biologiques qui continent les femmes k un role d'aide gdndralement meconnu. C'est souvent pour avoir consacrd une grande part de leur vie au149 bien-etre des autres que les femmes sont contraintes a la fin de leur vie de reclaimer un supplement d'assistance. D faudrait revaloriser les fonctions d'aide, apporter un support (quelques allfegements ou des possibilites de repit) aux personnes qui y sont engag£es pour de longues periodes, et favoriser un plus juste partage du fardeau d'aide entre les hommes et les femmes. Avec la chute de la feconditd, la proportion des aides potentielles s'amenuisera alors que celle des personnes en besoin croltra. Les filles adultes, souvent filles uniques, qui seront engagdes sur le marchd du travail comme le sont les femmes d'aujourd'hui et qui devront concurremment veiller au bien- etre de plusieurs parents ages, se veiront exposes plus que ces demidres au "burn-out". Peut-etre s'agit-il la d'un effet combine du sexisme et de l'"ageisme", mais les "coupures de budget", de plus en plus frequentes, ont en general pour cons6quence de renvoyer dans leur famille les personnes en besoin d'aide. Que ce soit au domicile familial ou dans des centres d'accueil, le modele de femmes aidant majoritairement des femmes s'affirme (Kaden et McDaniel, a paraitre; Laurence, 1987; Rosenthal, 1985). Les soins aux personnes agees sont le plus souvent dispenses en prive, sans reconnaissance sociale et avec un certain sentiment d'angoisse et de culpabilite (Kaden et McDaniel, &. paraitre). Recorinaitre en tant que societe ce qui n'a pas de nom, et le nommant, l'amener au jour, constitue une premiere etape. Retribuer les aides pour leur travail aupres des personnes agees, organiser des centres de jour et mettre sur pied des groupes de soutien sont autant d'actions necessaires par la suite. Des questions qui semblent appartenir a un domaine bien determine peuvent etre considerees a la lumiere d'un contexte plus large incluant la structure selon le sexe. Ainsi, meme si la famille est vue comme une institution privee, il n'en reste pas moins que bien des aspects la concemant tombent sous le controle des pouvoirs publics. En ce qui conceme la sante des femmes agees, les defis qu'elle pose ont leurs racines bien plus dans la conception meme des programmes de sante que dans l'accioissement de la clientele agee feminine. Les couts dont on tend a reporter la responsabilite sur les personnes150 agees resultent surtout du fait que les systfcmes de soins ont ete prevus a d'autres fins et fonctionnent de fa?on inefficace. Une grande partie des problemes que vivent ou que posent les personnes agees, particulierement les femmes, viennent de l'insuffisance de leurs revenus. Par exemple, au Canada les prestations de vieillesse representent chez les personnes seules 60 % du revenu des femmes et 46 % de celui des hommes. L'aide gouvemementale est done d'une importance capitale pour les personnes agees, surtout pour les femmes. La contribution, au cours des annees d'activite, a des fonds de pension d'entreprise ou prives, est de nature a rdduire le probl£me pour une bonne part. Encore faudrait-il que les femmes, dont le profil sur le marche du travail les rend souvent inadmissibles aux r6gimes de pension existants, soient mieux protegees et couvertes. Les pouvoirs publics pourraient a cet egard intervenir, par des legislations appropriees, aupres des employeurs. II reste le cas des menageres dont l'activite domestique n'est pas reconnue aux fins de pension. La reconnaissance de la valeur du travail au foyer (soin des enfants, des parents ages et entretien manager) et sa retribution, ainsi que la participation des menageres aux regimes de pension, font partie des recommandations du National Action Committee for the Status of Women, de la Federation des femmes du Quebec et du Canada Pension Plan Advisory Committee. En tout etat de cause, il s'avfcre necessaire de passer de la simple description des problemes des personnes agees k l'analyse des interactions complexes entre ces problemes, et de reconnaitre que le vieillissement est un processus social dans lequel la differentiation selon le sexe continue a jouer. CONCLUSION Trop souvent, quand on aborde les problemes des personnes agees, on se retranche demure l'argument des budgets insuffisants et on rappelle que la societe des annees quatre-vingt a substitue k l'idealisme qui caracterisait les annees soixante une attitude individualiste. Ainsi, les individus qui aspirent a une retraite decente doivent y pourvoir au cours de leurs annees actives. Ce151 n'est cependant pas une solution & la portee des personnes k faible revenu, dont font ou feront partie une grande part des femmes qui sont le soutien dconomique de leur famille. L'argument des couts prohibitifs est souvent fallacieux. Ainsi, le niveau des couts que represente la prise en charge des femmes agees incapables de faire face aux frais normaux d'un logement et d'un saine alimentation peut exceder celui de prestations de vieillesse suffisantes. De meme, le budget d'un programme de soins h domicile pourrait s'avdrer infdrieur k la perte de salaire que subissent les femmes qui remplissent i domicile des fonctions d'aide et aux consequences de l'£puisement physique et nerveux qui est souvent la rangon de ces taches. Un point central de ce bref tour d'horizon, forcement incomplet, des defis que representent la recherche et la mise au point de programmes touchant les femmes agees, est que celles-ci peuvent beneficier des perspectives qu'offre la sociologie feministe. Les actions proposees seront d'autant mieux adaptees a la situation qu'on aura de celle-ci une comprehension globale et approfondie. Une autre consideration qui decoule de la demarche exploratoire prdsentee ici, c'est que les actions efFicaces et novatrices auxquelles conduit l'approche feministe ne sont ni couteuses ni r6volutionnaires. Le plus souvent, en effet, il suffit de reamenager les programmes et les ressources de fagon plus rationnelle. De meme, l'approche analytique la plus creatrice serait celle qui consiste i reorganiser l'acquis en matidre de connaissance, de maniere a mieux cemer et a mettre en relief la question qu'on etudie.152 REFERENCES BffiLIOGRAPHIQUES AARONSON, J., 1985. "Family Care of the Elderly". Canadian Journal on Aging, 4, 115-125. ABU-LABAN, Sharon M., 1981. "Women and Aging : A Futuristic Perspective". Psychology of Women Quarterly. 6, 85-98. BAKER, Maureen, 1988. Aging in Canadian Society : A Survey. Toronto, McGraw-Hill Ryerson. BARNETT, R.C. et G.K. BARUCH, 1978. "Women in the Middle Years : A Critique of Research And Theory". Psychology of Women Quarterly. 3, 187-197. 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Ainsi, l'atteinte de maladies non letales mais entrainant l'incapacite, le veuvage et l'isolement qui souvent s'ensuit, de meme que l'insuffisance des revenus de pension ou de retraite, posent aux femmes agees des problemes qui ne sont pas sans ressembler a ceux auxquels font face les femmes de tout age. De plus, les fonctions d'aide aux autres, dont les parents ages, sont le plus souvent imparties aux femmes qui ainsi, dans leur jeunesse ou leur maturite, se trouvent egalement concemees par le vieillissement. Cet article explore le phenomene du vieillissement demographique dans une perspective feministe. McDANIEL Susan - WOMEN IN CANADA'S AGING SOCIETY ; A FEMINIST PERSPECTIVE The challenges of population aging, in many ways, are inseparable from women's issues. Women, as the largest group of elderly, have different physical, social, and economic needs than men. Thus, women's more debilitating but often less life-threatening illnesses, status as widows or living alone, and lack of adequate incomes pose problems not unlike those facing women of all ages. As well, women tend more often to be in the situation of "looking after" others, including older relatives, another way in which aging is a challenge to and for women. Thus, in this paper, aging is explored as a women's issue and concern, having multi-faceted feminist components. McDANIEL Susan - LAS MUJERES EN UN CANADA EN VIA DE ENVEJECIMIENTO : UN ENFOQUE FEMINISTA Los desaffos que plantea el envejecimiento demografico son de muchos puntos de vista inseparables de la condici6n de las mujeres. Ellas tienen necesidades ffsicas, sociales y economicas distintas de las de los hombres. Asf las enfermedades que las llevan a la incapacidad, la viudez y el aislamiento que a menudo sigue, asf como la insuficiencia de los ingresos de la pension o la jubilation, exponen a las mujeres de edad a problemas que se parecen mucho a los que enfrentan las mujeres de cualquier otra edad. Ademas, las funciones de ayuda a los demas, entre otras los padres de edad, son muy a menudo atribuidas a las mujeres las cuales asi, en su juventud o su madurez, se encuentran tambien tocadas por el envejecimiento. Este artfculo explora el fenomeno del envejecimiento demografico en una perspectiva feminista. |
| Reference URL | https://collections.lib.utah.edu/ark:/87278/s6jw8zbj |



